Culture: les nouveaux enjeux …!

Entreprises culturelles - L'Economiste Maghrébin

Nous transgressons, dans notre approche, la définition opératoire de la culture, œuvrant en tant qu’institution, avec ses modalités opératoires, et ses mécanismes d’action, c’est-à-dire sa praxis traditionnelle. Elle dépasse, dans notre vision, les secteurs qui lui sont attribués : livre, musique, théâtre et beaux-arts, qui représentent plutôt des secteurs d’activité et/ou de création. Ils doivent, dans tous les cas, bénéficier du soutien de l’Etat. Au-delà des services offerts aux citoyens, la conjoncture actuelle fait valoir de nouveaux enjeux, en relation avec la formation éducative globale, l’idéaltype de la pensée critique, l’ouverture de l’horizon.

Dans toutes les institutions qui lui sont consacrées : école, université, centre dramatique, cinéclub, structures d’expositions et bien au-delà. Mais le développement de l’esprit critique, le débat, l’ouverture de l’esprit constituent la condition Sine qua None, de la formation du citoyen responsable.Il serait ainsi à même, de définir ses choix, de prendre position, d’assumer ce que j’appellerai volontiers, son itinéraire de liberté.

Dans quelle mesure, la praxis culturelle actuelle est en mesure de faire face aux défis, de promouvoir la libre réflexion, dans notre aire-monde ?

L’actualité tunisienne atteste que des pseudo-intellectuels font valoir volontiers des vérités absolues, qui schématisent la réalité et contredisent les situations de fait.Or, la vie nous apprend que toute vérité a une valeur relative, qu’il faut mettre à l’épreuve, adapter au contexte, personnaliser. « Je pense donc je suis » avait-dit un grand penseur.

Disons plutôt, « je doute, donc je suis ». Evitons les dérives des pensées simplistes, les attitudes d’emprunt, sous influence et optons pour l’examen rationnel, les remises en cause, loin des assurances répandues mais fausses, des prétendus idéologues.

Dans le domaine de l’éducation, qu’on ne saurait exclure de la sphère de la culture, par une catégorisation fonctionnelle, la promotion de l’enseignement de la philosophie, dans toutes les classes terminales, est d’une première nécessité, pour faire connaître les différents courants de la pensée et initier davantage les élèves à la réflexion et au débat.

L’examen critique de la littérature tunisienne, arabe et internationale stimule également la pensée et ouvre les horizons. Dans ce domaine, l’enrichissement des connaissances ne devrait pas suffire. Les « têtes bien faites » devraient prendre le relai « des têtes bien pleines ».

Dans les domaines spécialisés et/ou techniques de la culture, il faudrait assurer le meilleur contexte à la création et à la libre critique. Dans le secteur du théâtre, les productions des feuilletons des chaînes de télévision, ont traité courageusement des questions sociales, en marge des créations d’envergure, que certains jugent à tors, comme des productions of shore, alors qu’elles renouvellent l’écriture et actualisent les enjeux sociaux. En matière de cinéma, on peut déjà parler d’une école de Tunis, qui s’est illustrée à la faveur des journées cinématographiques de Carthage, produit de l’esprit ciné-club tunisien. Il faudrait la redynamiser.

Les festivals d’été réaniment la vie culturelle. Carthage a largement contribué à l’ouverture internationale, au folklore méditerranéen et au jazz. Qu’on se rappelle la participation de grandes stars mondiales, ainsi d’ailleurs que de grandes vedettes de la chanson arabe.

Hammamet s’est distingué par son programme spécifique d’avant-garde. Peut être faudrait-il rappeler aux dirigeants du festival international de Carthage, la nécessité d’assurer des grandes créations théâtrales tunisiennes, à l’instar des productions d’Ali Ben Ayad. Le programme de cette année accorde la priorité aux grands spectacles, qui se construisant en réanimant les productions populaires. Peut être faudrait-il revoir la formule spectacle populaire et marquer la préférence aux créations, dans tous les domaines et multiplier les forums de pensées et les opportunités de réflexion. Les hommes de culture devraient se mobiliser, en relation avec les nouveaux enjeux, afin d’assurer au Tunisien, la maîtrise de la réflexion et l’immuniser contre les structures pseudo-intellectuelles de dérive.

Par

Publié le 27/07/2015 à 00:52

L'Economiste Maghrébin & L'Economiste Maghrébin by L'Economiste Maghrébin