Tunisie : L’ère des partis …

Tunisie scénarios politiques - L'Economiste Maghrébin

La « révolution » tunisienne a institué la représentation parlementaire, l’alternance politique et, fait d’évidence, l’ère des partis. Il s’agit de formations politiques, qui traduisent des clivages idéologiques. Traditionnellement, on attribue trois fonctions principales aux partis politiques :

  • une fonction programmatique par la définition d’orientations et de mesures pour le pays
  • une fonction de structuration de l’opinion publique par l’animation du débat politique
  • une fonction de sélection des candidats et des élites politiques.

Certes, le système institutionnel favorise les partis politiques à forte audience plutôt que ceux qui s’apparentent à des clubs de pensée. Cependant, les partis, qui ont nécessairement un discours fondateur, sont de fait un mouvement d’idées – disons plutôt des structures partisanes. Ils doivent répondre, dans le cadre de l’habilitation citoyenne, aux attentes.  Pire dérive, la transgression des doléances populaires, susceptible de susciter une désillusion, peut entraîner des départs massifs.

Après l’adoption d’une constitution de consensus, les élections qui s’en suivirent et la formation d’un gouvernement de coalition, la restructuration politique, la dynamisation des partis et leur adaptation aux exigences de l’heure, sont à l’ordre du jour.  Le dialogue des dirigeants avec leurs bases peut déterminer la promotion ou le déclin des partis. Les résultats électoraux dépendent de l’audience des partis et de leurs assises populaires. Les décalages entre les attentes et la gestion des affaires pourraient marginaliser des dirigeants et les placer, dans la situation inconfortable des « hors jeu ».

Adaptation au terrain, correction du discours, tactiques pragmatiques, modération de comportements, les partis politiques tunisiens sont à l’œuvre, pour les nouvelles épreuves électorales. Dans le cas des représentations municipales et régionales, la prise en compte du terrain, du quotidien, de la qualité de la vie est essentielle. Une prise de distance idéologique ne serait pas conforme aux attentes. Le leadership doit conforter sa vision, par une nécessaire vision de proximité, en relation avec la base populaire. Dans ce domaine, les réseaux sociaux (facebook et autres) ne doivent pas l’induire en erreur. Ils expriment la rumeur publique, radio-trottoir, mais ne peuvent véhiculer une pensée politique, un diagnostic objectif, une présentation de programmes.

Autre considération, les partis tunisiens accordent plutôt la priorité à la capitale, centre de décision évident. Or, la vie politique devrait partir des localités, des régions. Les partis politiques devraient se soucier d’abord, de leurs instances locales et régionales. Elles constituent leurs bases populaires, leurs premiers champs d’action. Tunis ne devrait pas être certes sous-estimée. Mais elle constitue l’aboutissement, le couronnement. Vérité de La Palice, les partis sans assise régionale sont voués à un déclin certain.

Par

Publié le 23/07/2015 à 11:41

L'Economiste Maghrébin & L'Economiste Maghrébin by L'Economiste Maghrébin