Tunisie : Au-delà des surenchères …!

Les manifestations «où est le pétrole ?» deviennent le fait marquant et récurrent de l’actualité tunisienne. Réponse humoristique contre cette campagne, le secrétaire général de Nidaa Tounes, Mohsen Marzouk, a affirmé, le 15 juin : «L’Etat est prêt à fournir à chacun d’entre eux une pioche, pour qu’il aille creuser et s’il trouve du pétrole, de daigner le partager avec l’Etat». Fait surprenant, d’anciens dirigeants, auraient cru devoir s’associer à cette campagne et à la défendre. Or, ils étaient censés connaître l’état de nos sources d’énergie. N’aurait-il pas été plus recommandé de s’interroger «où est le phosphate ?», alors que sa production, la grande richesse du pays, a été bloquée, depuis la révolution, sans succès des interventions de l’Establishment.

Reconnaissons que « les vendeurs de sable », qui évoquent un « paradis perdu », des richesses qui auraient échappé aux citoyens, ont pu duper des victimes du chômage et de la précarité. Le politique laisse la place au magicien, qui tire un lapin de son chapeau. « Le mirage » qu’on met en scène conforte les revendications sociales. Est-ce à dire qu’une certaine marge politique s’est intellectuellement renfermée ?

A qui profite cette croisade ? L’opération semble transgresser la Tunisie. Pour les acteurs, soutenant éventuellement les opérations de dérive, la Tunisie ne constitue pas un important enjeu, vu son marché économique plutôt modeste et l’absence de richesses pétrolières. Des observateurs algériens affirment que l’Algérie constituerait le principal objectif de l’opération et expriment leurs craintes. Peut-on accréditer cette thèse ?

Le décryptage de l’action politique devrait s’en tenir à l’essentiel et dégager les faits objectifs et les centres d’intérêts des protagonistes. Il faudrait prendre ses distances, par rapport à la théorie commode, du « complot étranger ». Le risque d’intrusion politique devrait être redimensionné, ramené à ses justes proportions. D’autre part, les lignes de défense de l’Egypte, de la Tunisie et d’Algérie sont bien gardées. Leurs régimes ont de solides assises populaires. Cette donne met en échec d’éventuels acteurs envieux. Une stratégie de vigilance devrait cependant être mise à l’ordre du jour.

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Publié le 20/06/2015 à 08:15

L'Economiste Maghrébin & L'Economiste Maghrébin by L'Economiste Maghrébin