Diplomatie : Le pas de deux du couple exécutif

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L’état des relations, au sein du couple exécutif, n’intéresse pas les Tunisiens. Ils peuvent certes, être en concurrence, sur le même terrain, de l’immédiateté du temps politique, mais cette question institutionnelle reste secondaire, aux regards des enjeux du pays. L’action politique nécessite, vision, méthode, durée. La gouvernance, le cadre de conduite de changement est au cœur de l’action politique. Sous l’ère Bourguiba, le président de la République, clef de voute des institutions, était en charge de définir le cap et d’assurer la continuité. Le chef du gouvernement assurait l’exécution du programme du Président. Dans  l’esprit de la Constitution, le Président assurait donc le temps long, le premier ministre le temps court.

La nouvelle Constitution a bouleversé une répartition des rôles, depuis l’Indépendance. Un quasi régime parlementaire a pris le relais du régime présidentiel. Le président de la République  est le chef de l’État ; il définit les politiques générales de la sécurité nationale, des relations internationales et de la défense. Il désigne le Mûfti de la République, le gouverneur de la Banque Centrale ainsi que les hautes fonctions de la présidence, de la diplomatie, de la sécurité nationale et de la défense. Le Chef du gouvernement dirige l’action du gouvernement. Dans le cas actuel, le président Béji Caïd Essebsi est le leadership de Nida Tounis, son parti a assuré le choix du chef du gouvernement, à l’appui de la majorité parlementaire, qu’il a identifié, Cette donne particulière conforte la coopération effective entre la présidence et le gouvernement. De fait, Béji Caïd Essebsi a restauré le régime présidentiel d’antan, tout en confortant la répartition des rôles.

Le malentendu entre le Président et son ministre des Affaires étrangères, à propos du rétablissement  annoncé des relations diplomatiques avec la Syrie, vœux partagé par la classe politique tunisienne, à quelques exceptions près, devrait être mis dans son contexte. Certaines alliances arabes n’avaient vraisemblablement pas apprécié l’indépendance de la décision tunisienne et auraient réanimé leurs relais et leurs lobbies, pour la bloquer. Or, l’isolement du régime syrien, se fissure.  Oman a renvoyé un ambassadeur à Damas. Le Koweït a accepté  qu’une poignée de diplomates syriens reviennent. Depuis Beyrouth, de plus en plus de diplomates  occidentaux retournent régulièrement à Damas. Fait important, annonçant un changement d’attitude, le secrétaire d’Etat américain a annoncé que les Etats-Unis devraient « au final » négocier avec le président syrien Bachar al Assad pour une transition politique en Syrie (interview accordée à CBS News, le 15mars 2015).

Outre son respect pour « le domaine réservé » du Président, le gouvernement Habib Essid œuvre en contact avec lui et gouverne en concertation, avec le président et le parti Nida Tounis. Peut-être aurait-il fallu se mobiliser, ensemble, pour faire valoir une trêve sociale ou du moins un arrêt des sit in ! Grande richesse tunisienne, la production de phosphate dans le gouvernorat de Gafsa a diminué, au cours du 1er trimestre 2015, par rapport à la même période de 2014. Selon les statistiques préliminaires élaborées par la direction du suivi et du contrôle de l’exploitation de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), le volume de cette production n’a pas dépassé 604.000 tonnes, contre 983.000 tonnes un an plus tôt, soit une baisse de 39% (site Kapitalis, 4 avril 2015). D’autre part, les mouvements de protestations des sans-emploi se sont multipliés, ces dernières semaines, dans les sites de production d’Oum Larayes, Redeyef et Metlaoui. Ne perdons pas de vue, que les deux pôles de l’exécutif ont négligé le processus des plans de développement, qui ont assuré le redressement de l‘économie tunisienne. Faut-il continuer à gouverner sans timing de développement ?

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Publié le 13/04/2015 à 09:05

  • Hedi Saïdane

    La Tunisie est un pays souverain, elle n’a pas à emboiter le pas , comme la Troïka l’a fait ! la Tunisie a opté pour la démocratie , les autres préfèrent la médiocratie, la Tunisie est pour le progrès les autres sont pour rétrogradation,en somme nous nous sommes pas du même bord ! Tout le monde sait qu’il n’y a pas de jasmin au Sahara , mais en Tunisie si !

  • Tafida Hanem

    La Nouvelle constitution que les Islamistes ont tracé grace à l’Equipe de Globus ses grandes Lignes pour construire l’infrastructure selon Rached Ghanouchi les fondations de la nouvelle orientation Politique de l’Etat à définition islamiste selon Le Groupe Nahdha ,selon la gauche cette constitution a donne la liberte de la conscience au peuple aprés le 14 Janvier 2011.
    Le President continu à faire croire que la Fonction du President est bien définie dans la constitution qui a donne Naissance à la 2eme république.
    Si Chater nous demontre par son style,par sa finne analyse que le president Beji comme le President Ben-Ali comme le pere de la nation ont execercé le meme role qui avait été tracé par la 1ere constitution.
    Le chef du gouvernement est sous mis à des pressions de la part de certain Parti qui ont infiltré le pouvoir dans sa situation précaire ou le Chef du Gouvernement positionne la Sécurité dans sa priorité et lma priorité du Gouvernement ,r edresser les institutions de l’Etat aprés l’incompetence de deux ex chefs du Gouvernements de Hamadi Jebbali à Ali Lareyedh.

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