Le départ d’un géant Nelson Mandela (1918-2013)

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 Toute ma vie je me suis consacré à la lutte pour le peuple africain. J’ai combattu contre la domination blanche et j’ai combattu contre la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle toutes les personnes vivraient ensemble en harmonie et avec les mêmes opportunités. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre et agir. Mais, si besoin est, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir….”

Comment résumer la vie d’un géant de l’histoire contemporaine : 27 ans de prison (1962 – 1990), une présidence modèle (1994 – 1997), une grande distinction honorifique (prix Nobel de la Paix en 1993 avec son ennemi-partenaire Frederik de Klerk) et une sortie de scène exemplaire ? Disons plutôt un itinéraire politique, respectant l’éthique, l’attachement aux principes, lors de la lutte contre l’apartheid, puis dans l’exercice de la gouvernance. Fervent adepte de la doctrine de non-violence de Gandhi, le Satyagraha, privilégiant la désobéissance civile, il se résigne, vu l’absence de résultats de la lutte non violente et le massacre de Sharpeville (1960)  à faire valoir la lutte armée. Ce qui explique, son admiration pour Che Guevara, le héros de la lutte cubaine.

Conciliant la pensée de Ghandi et du Che, il opte pour le dialogue et la négociation avec ses adversaires.  Si vous voulez la guerre, déclara-t-il à ses ennemis, je dois admettre honnêtement que nous ne pourrons pas vous affronter sur les champs de bataille. Nous n’en avons pas les moyens. La lutte sera longue et âpre, beaucoup mourront, le pays pourrait finir en cendres. Mais n’oubliez pas deux choses. Vous ne pouvez pas gagner en raison de notre nombre : impossible de nous tuer tous. Et vous ne pouvez pas gagner en raison de la communauté internationale. Elle se ralliera à nous et nous soutiendra ….”. Sa lutte contre l’apartheid fut couronnée de succès, par le vote de la suppression des dernières lois piliers de l’apartheid encore en vigueur qu’étaient la loi sur la classification raciale et celle sur l’habitat séparé, par le parlement sud africain, le 30 juin 1991.

Fait unique dans l’histoire, Nelson Mandela opta pour la réconciliation avec les ennemis d’hier, les apôtres de la discrimination raciale. Il estime que la liberté n’admet pas l’exclusion, ne serait-ce contre ses ennemis. Réflexion judicieuse, Nelson Mandela déclara :  La vérité, c’est que nous ne sommes pas encore libres ; nous avons seulement atteint la liberté d’être libres, le droit de ne pas être opprimés […]. Car être libres, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres….”  (Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté, Fayard, coll. « Livre de poche », 2003, p. 755–756).

Nelson Mandela fut une voix exemplaire de la tolérance, de la réconciliation et de la sagesse. Sa condamnation absolue de la discrimination a vraisemblablement contribué à l’élection du premier président noir des USA, Obama, qui reconnait qu’il fut, pour lui, « une source d’inspiration ». Grand leader, couronnant la décolonisation africaine et ouvrant la nouvelle ère de la gouvernance démocratique, Nelson Mandela déclara : L’avenir de l’Afrique est entre les mains des peuples d’Afrique. Il dépend de leurs mouvements de masse ….”. Quel appel à la méditation!

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Publié le 06/12/2013 à 09:59

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