L’accord sur le nucléaire iranien

Rohani-accord-nucleaire-iranien-l-economiste-maghrebin

La signature de l’accord intérimaire sur le nucléaire iranien, dans la nuit du samedi au dimanche 24 novembre, était dans la logique de l’évolution de la géopolitique internationale. La normalisation des relations de l’Occident avec l’Iran était à l’ordre du jour. Elle fit valoir, comme opportunité, la nouvelle conjoncture de l’élection du Président Rohani et son discours réaliste, sinon modéré. Les positions et remarques formulées lors de la 68e session de l’Assemblée générale de l’ONU a démontré une bonne volonté du nouveau président. Retour de l’ascenseur, Obama qui privilégiait l’entente, dans le cadre de la révision politique étrangère du Président Bush Junior, eut l’initiative de téléphoner à son homologue iranien, peu avant son départ de New York, où il a assisté à la réunion de l’Assemblée générale de l’ONU. Une tentative diplomatique sérieuse de détente était donc, en cours entre les Etats-Unis et l’Iran. Fait symptomatique, le Royaume Uni a précédé la réunion du 5+1, par une reprise de ses relations diplomatiques avec l’Iran.

L’accord préliminaire sur le nucléaire iranien, qui a été conclu à Genève entre l’Iran, d’un côté, et l’Allemagne, la Chine, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie, de l’autre, après plus de quatre jours de laborieuses négociations, se propose de réduire l’ampleur du programme atomique de la République islamique, en échange d’un allègement des sanctions qui pèsent sur elle. L’accord suspend les volets les plus contestés du programme atomique de l’Iran, en lui imposant d’arrêter l’enrichissement d’uranium au-dessus de 5%, de neutraliser ses réserves enrichies à 20% et de stopper le projet de réacteur à eau lourde d’Arak. De leur côté, les membres du P5+1 consentiront à un allègement des sanctions, suspendront certaines sanctions sur l’or et les métaux précieux, le secteur automobile et les exportations pétrochimiques de l’Iran. D’autre part, l’accord adopte un compromis au sujet de la notion de droit à l’enrichissement d’uranium, revendiqué par l’Iran. Il  le considère comme une question de souveraineté nationale.

L’accord réalisé met fin à une ère de tension, qui n’exclua par les risques de déclenchement guerriers.  Effet de retour, il contribuera à rapprocher les points de vue sur la crise de la Syrie. Les signataires ont transgressé les vœux de leurs alliés, opposés au règlement pacifique de la crise : l’opposition radicale, tendance Ahmedi Néjed, en Iran et les va-en guerre et le lobby pro-israélien, aux Etats-Unis. L’Etat d’Israël a, bien entendu, fait part de son opposition. Mais il reste isolé. La France  a rejoint ses partenaires occidentaux,  après les récents discours de surenchères diplomatiques.

Est-ce à dire que l’accord corrige la carte géopolitique du Moyen-Orient ? Nous n’en sommes pas encore là.  Mais les effets d’entraînement d’une politique de paix permettent de changer la donne. Pourraient-ils dynamiser le processus de paix israélo-palestinien ? Ne seraient-ils pas un bon précédent pour dénucléariser le Moyen-Orient, y compris bien entendu  Israël, Etat nucléaire et  favorable à la politique de « deux poids, deux mesures »?

Par

Publié le 25/11/2013 à 10:40

L'Economiste Maghrébin & L'Economiste Maghrébin by L'Economiste Maghrébin