Mercredi 19 juin 2013 | Connexion

Séminaire sur le tourisme de plaisance

La plaisance peine encore à se frayer un chemin

Port de plaisance de Sidi Bou Said

La révision à la hausse incessante des prix d’accostage pratiqués et les taxations excessives dans les pays du nord de la Méditerranée offrent à la Tunisie une opportunité de saisir une part du marché mondial de la plaisance.

Sa position géographique et ses atouts attractifs pour les plaisanciers – au cœur de la Méditerranée, longueur des côtes, beauté des paysages, douceur du climat, ensoleillement, etc., ses acquis culturels (trois fois millénaire), une main d’œuvre qualifiée en maintenance – offrent à la Tunisie de larges potentialités dans le tourisme nautique. Et pourtant, l’activité n’est pas encore au beau fixe si ce n’est pas au calme plat.

C’est ainsi que plusieurs professionnels de la plaisance, exploitants, gestionnaires de ports et industriels nautiques, représentants des ministères en rapport avec le nautique, ont été conviés à discuter des problèmes qui freinent l’essor de ce genre de tourisme, lors d’un séminaire portant  sur « La plaisance: un produit et une industrie » organisé, jeudi 28 juin, à l’initiative du magazine « Tourisme Info ». Les problèmes du secteur ont été passés en revue, notamment l’absence de législation relative à l’activité de location de bateaux – sachant qu’un bateau ne peut être conduit que par son propriétaire – les formalités administratives et règlementaires lourdes et compliquées, le peu d’investissement, le manque de formation de skippeurs (capitaines de yachts de course-croisière), de moniteurs et de plombiers marins.

Séminaire sur le tourisme de plaisance

Cette rencontre entre professionnels a été donc une nouvelle occasion de débattre des perspectives de ce tourisme haut de gamme, générateur de recettes en devises plus conséquentes que les revenus provenant du tourisme classique.

Elyes Fakhfakh, ministre du Tourisme, a assuré que « la plaisance a de beaux jours devant elle en Tunisie, même si le pays ne dispose que de six ports, que deux autres sont en cours de construction, à Gammarth et Bizerte, et bien qu’on ait enregistré des retards en matière d’industrie et de maintenance.

Ces ports tunisiens disposent de 2200 anneaux et ont enregistré l’entrée de 2000 navires, soit la réalisation de 510.000 nuitées, en 2011, a ajouté le ministre.

Moez Ben Zid, président du conseil d’administration de Marina Bizerte, semble vraiment confiant et convaincu que la plaisance est un vecteur de promotion et d’amélioration de la qualité de l’offre du  tourisme dans le pays.

« Il est vrai que la plaisance est un créneau bien onéreux, mais aussi un trait d’union entre les attentes des touristes et les atouts des régions. Puisque la plaisance est porteur de la redynamisation de bien d’autres projets allant de l’hôtellerie, à l’animation touristique, l’artisanat, les agences de voyage, mais aussi l’immobilier et le commerce, ou encore d’autres  projets culturels » a-t-il affirmé.

Afin de promouvoir ce secteur, Farid El Fetni, Directeur central de la promotion à l’Ontt, a annoncé que l’Office est entrain d’élaborer un plan de promotion des activités du tourisme nautique et mettra en place, à partir de septembre 2012, une cellule qui serait en charge du lancement d’actions promotionnelles du tourisme de plaisance ciblant de nouveaux marchés.  Tout en affirmant que le budget attribué par l’Ontt à la promotion de ce segment est de  350.000 dinars, lequel sera augmenté dans le cadre du budget de 2013.

Aux acteurs clés des ministères concernés de se pencher sérieusement pour revoir le prix élevé des taxes imposées aux bateaux de plaisance, d’intégrer les spécialités nautiques dans les écoles de pêche, de créer une école de permis bateau et d’éliminer les procédures d’accès aux ports tunisiens. La plaisance est la perche à saisir.