Mercredi 22 mai 2013 | Connexion

Manifestation

Mobilisation contre « les prémices de la dictature »

Mobilisation contre “les prémices de la dictature”

Dès 9 heures du matin, le 30 novembre, ils étaient déjà des centaines à manifester devant le palais beylical, au Bardo. L’appel à la mobilisation générale a été lancé par une vingtaine d’associations de la société civile et des partis minoritaires au sein de la Constituante. Jeunes et moins jeunes ont brandi des bannières et des pancartes illustrant les revendications principales de la protestation : la nécessité de la séparation des pouvoirs et la définition des prérogatives de chaque pouvoir, la diffusion en direct des séances plénières de l’Assemblée constituante ou encore le refus du cumul des pouvoirs entre les mains du chef de Gouvernement ou celles d’un parti.

Au départ, les protestataires, majoritairement des femmes, ont scandé des slogans dénonçant l’impuissance du président, selon le texte de loi en discussion à l’Assemblée constituante. « Le président n’a pas de pouvoir et c’est le Premier ministre qui a tous les pouvoir » a déclaré Amel Benaba, membre de Doustourna, avant d’ajouter « les gagnants de la course électorale se prennent la tête. Ils se sont servis de la Constituante comme d’un tremplin pour le pouvoir. Et si nous sommes ici c’est pour rappeler que la société civile et les citoyens en général garderont un oeil vigilant sur les membres de cette assemblée. »

« Prémices d’une dictature »

 

Le projet de règlement provisoire des pouvoirs publics a effectivement été au centre des contestations. Parmi les personnalités présentes dans la foule, il y avait le professeur de droit constitutionnel, Jaouhar Ben Mbarek, mais aussi Cyril Grislain-Karray, écrivain et sympathisant de la liste Doustourna. Ce dernier a estimé que « dès le premier exercice, on voit déjà apparaître les prémices d’une dictature. » Selon lui, le mouvement islamique « doit revoir complètement sa copie ». Il a également affirmé que « la société tunisienne n’a pas de problème d’identité et qu’il est malsain d’essayer de récupérer une révolution sociale pour des projets idéo-spirituels. »

Mobilisation contre “les prémices de la dictature”

Najwa avec sa mère et sa belle-mère

« Non négociables : liberté, justice, égalité », c’est ce que l’on pouvait lire sur la pancarte de Najwa Riahi, une jeune cadre au ministère de l’Agriculture. Elle est venue défendre la cause de la femme tunisienne avec sa mère et sa belle-mère. « Nous avons toutes les trois des craintes. Les droits de la femme et le code du statut personnel sont des acquis qu’il faut absolument préserver. » a-t-elle affirmé.

Mobilisation contre “les prémices de la dictature”

A ce moment-là, la foule s’avance vers le portail du siège de l’Assemblée, où la police s’est largement déployée. Toujours avec véhémence, les manifestants dénoncent la troïka. « Ceux qui entrent au gouvernement, doivent quitter la Constituante », crient-ils. Les slogans hostiles à celui qu’ils appellent le « sixième calife » fusent. Des « dégage Jebali » retentissent devant le palais beylical.

 

Dans la foule, on pouvait entendre la voix haute et résolue de Feyza Skandrani, présidente de l’association Parité Egalité. L’activiste de la société civile a déploré « la campagne orchestrée contre le projet moderniste de la Tunisie » et s’est interrogée sur « l’indifférence du mouvement Ennahdha et des médias face à la montée des  mouvements rétrogrades et aux dépassements récurrents des salafistes. » En tant qu’universitaire, elle s’est déclarée contre la politisation de l’espace éducatif. Selon elle, les écoles et les universités sont porteuses du projet progressiste du pays et sont donc l’avenir de la Tunisie. Pour les protestataires, il est urgent de mettre en place une chaîne parlementaire pour diffuser ce qu’ils nomment les « actes de la pièce comique » se tenant au sein de la Constituante.

Depuis mercredi soir, un sit-in s’est organisé au Bardo.

 

  • Habib

    C’est grâce aux manifestations pacifiques que la cause de la Révolution Tunisienne s’affirme. Sans cela nous pouvons nous retrouver dans une dictature pire que celle qu’on subissait. Dorénavant nous avons des femmes et des hommes qui formeront barrage à tout abus de pouvoir.

  • fou de tunisie

    quoi de plus normal, depuis des années, les tunisiens eux mêmes ne comprennent les raisons pour les quelles la société s’islamise.Les femmes semblent faire figure de fer de lance de ce mouvement rejetant ainsi leurs acquis et par la même occasion,les années de luttes gagnées par leurs aînées. -N’est-il pas salutaire de faire un break sur le sujet pour s’attaquer au vraies questions? -La tache n’est -elle pas très rude pour ces pseudo détenteur de la vérité essayent en ce moment de détourner l’attention de l’opinion public. Monsieur, l’Islam , le vrai , n’a vraiment pas besoin de ces excités pour exister.